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Andrei Bogoliubsky – le dit prince bâtisseur au Théâtre de la ville de Vladimir Russie

30 mars, 2016

Je compare personnellement l’œuvre commune de Tchebotarev, Joutchkov et Khromov du Théâtre Académique de la ville historique et de sa région de Vladimir, près de Moscou, à William Shakespeare, Jean Racine et Pierre Corneille. L’atmosphère moyenâgeuse, du douzième siècle m’a surpris et m’a perturbé dans le sens des intransigeances et de la cruauté entre les boyards de la Russie ancienne. La langue d’époque, le jeux scénique, la musique mystérieuse, tout contribue à se plonger dans le moyen âge et ses mystères. Cette situation a existé dans tous les royaumes du moyen âge en Europe, en France comme en Angleterre et ailleurs. Dans la pièce de théâtre « Andrei Bogoliubski » à l’occasion du « Festival du Théâtre russe près de la Tour Eiffel » on ressent comme chez les auteurs classiques et surtout chez William Shakespeare dans « Richard III », « Hamlet » et bien d’autres, cette atmosphère pesante des siècles anciens, par la langue parlée de l’époque et des situations de conflit qui mènent jusqu’aux impitoyables crimes, jusque au sein des familles des chefs. Ces luttes pour le pouvoir se produisaient parmi les chevaliers, teutoniques, anglais ou de France. La cruauté tant décrite par Shakespeare se mêlait étrangement à la beauté et la faiblesse des femmes. On plaint toujours les femmes en état d’infériorité ou de maltraitance et l’on voudrait monter sur scène pour les protéger tellement le jeux des acteurs est emprunt de réalité. On ressent toute la Russie moyenâgeuse dans l’interprétation des acteurs et la mise en scène du drame et mon impression personnelle est qu’il y a une ressemblance avec « La Khovanchtchina » de Moussorgsky. Il ne s’agit pas d’un opéra mais d’une pièce dramatique agrémentée d’une chorégraphie magistrale de Nathalia Shurganova avec une musique tout aussi magistrale composée et dirigée par Andrei Chtcherbinin, à tel point qu’on dirait qu’il n’y a pas de bande magnétique enregistrée, mais que l’orchestre et les chœurs se trouvent là, près de la scène. Des chœurs extrêmement riches et mélodieux. L’enregistrement a eu lieu dans la ville d’origine de la pièce, mais lors des représentations à Vladimir, théâtre, chœurs et orchestre sont tous réunis.

La richesse des idées du réalisateur Serguei Morozov et les contributions de la chorégraphe Natalia Shurganova et de Andrei Chtcherbinin ainsi que les extraordinaires acteurs du Théâtre Académique de la ville de Vladimir, tous ont manifesté brillamment leur talent au plus haut degré théâtral à l’occasion de « La journée mondiale du théâtre » de mars 2016 lors du « Festival du Théâtre russe près de la Tour Eiffel » à Paris.

Si le Théâtre russe intéresse les Français et les Européens, de la même manière le Théâtre français, ou anglais intéresse les Russes pour les raison suivantes: Le son d’une langue – La réalisation – la mise en scène – le jeux des acteurs – la musique -les costumes – les décors et bien évidemment le texte pour ceux qui le comprennent.

Wladimir Vostrikov