Archive pour septembre, 2014

Ciel bleu du Roussillon et l’orage d’Argelès à Elne

21 septembre, 2014

Dans notre jardin du sud, c’est le grand espace, c’est depuis des années la vue sur les Albères qui se colorient de la réalité que nous reflètent les montagnes avec tous les détails des rochers et de la nature inhérente aux Pyrénées orientales, du beau temps à l’orage ceux là-mêmes que des peintres imprégnés de notre belle région savent reproduire dans des peintures huiles ou gouaches d’une manière à nous impressionner. Ce sont des teintes étonnantes qui se dispersent en pastelles des couleurs simplement basiques des plus criantes aux plus estompées, ils savent faire revivre le temps météorologique de celui qui est normal ici, du ciel bleu du Roussillon, à celui de l’orage qui arrive, avec ses éclairs et le tonnerre qui suit après trois kilomètres à la seconde. Tonnerre souvent effarant avec foudre qui tombe quelque part juste à côté et qui parfois arrive à arrêter des cœurs ; à la fin se forme une traînée jaunâtre au-dessus de l’horizon que les peintres savent reproduire, c’est le résultat d’une synthèse chimique, l’ozone. Mais qu’est-ce que sont ces orages effrayants, les scientifiques les cernent mal jusqu’à nos jours, pourtant en-haut dans le ciel il se passe des choses très étonnantes, des flux électriques négatifs se confrontent avec les positifs et c’est l’éclatement, c’est le tonnerre qui s’en suit. Ces rencontres devenues anodines aux humains produisent une énergie qu’on ne peut même pas mesurer, on ne peut que les évaluer, en milliards de volts. Lorsque la foudre constamment menaçante tape sur un point qu’elle a choisi, fait des dégâts incommensurables, l’impact détériore ce qu’elle foudroie et le carbonise, mais tout le reste de son potentiel énergétique se disperse dans le sol – la fameuse terre qui la neutralise en envoyant sa force démesurée vers le centre de notre planète qui l’accepte volontiers depuis quatre milliards et cinq millions d’années. Le noyau terrestre s’en nourrit et c’est bien lui qui protège l’environnent de notre Terre par sa magnétosphère qui nous protège des rayons cosmiques les plus virulents, les rayons gamma en provenance de notre étoile. Cet équilibre entre les rayonnements doit être accepté de tous car il est primordial à l’existence de la vie, sans notre Soleil la vie n’existerait pas ici-bas. Les neutrinos nous parviennent constamment même de nuit, ils traversent tout, toute la matière sans aucune entrave et cela est utile à l’équilibre cosmologique dont dépend directement notre planète. Mais ce bruit lorsque la foudre tape tout prêt, d’où provient-il ? Qui peut l’expliquer, certains le font et beaucoup jusqu’à nos jours ne se l’expliquent pas. Alors serait-ce la propagation de la foudre tous azimuts à travers les nuages jusqu’à heurter le sol terrestre et les éléments ou à sa surface, on pourrait bien le penser, car sa vitesse à travers les nuages heurte les molécules d’h2o qui font résonance comme les doigts sur les cordes d’un instrument à cordes comme ma balalaïka, le piano ou une guitare. La vitesse est telle qu’un bruit s’en suit et ce bruit nous étonne depuis l’aube de l’humanité, oui comme sur des cordes d’un instrument à musique, démultipliée à des milliards de fois, un bien gros trémolo. Le résultat est toujours saisissant de stupeur.
Mon jardin du sud connait ces effets et nous fait trembler, mais chose étonnante certaines personnes passent leur nuit d’orage sans en avoir entendu le moindre bruit – voyez comme les choses sont étonnantes.
C’est le « Moi » qu’il est intéressant de développer, le « moi » du début de la vie. Les psychologues et psychiatres affirment que l’enfant (le bébé) devient conscient au cours du quatrième mois après sa naissance.
Au Perthus, assis dans notre voiture avec nos deux chiennes Loula et Indra que nous aimons énormément, je reste avec elles pour les tranquilliser, pour qu’elles se sentent en confiance et non abandonnées dans une voiture dans laquelle je leur crée un courant d’air frais par rapport à la chaleur d’été, je vois passer un couple de retraités, lui proche des quatre-vingt et elle moinse, près des soixante-dix, elle me fait penser tout à coup à Anna celle qu’on appelait la « Russe » à Elne depuis la fin de la dernière guerre. Elle s’était mariée avec un monsieur plus âgé qu’elle, après avoir échappé à un camp de concentration allemand à la libération. Elle était en fait ukrainienne et lui négociant de sacs d’emballage et autres pour les fruits et légumes lorsque Elne était encore un centre agricole important du Roussillon qu’on appelait « le jardin de France ». Une année le mari tomba malade et mourut par la suite à la fin des années cinquante. Elle lui avait survécu de nombreuses années, plus d’une cinquantaine en fait, elle rêvait de le rejoindre disait-elle. Elle était désemparée pendant toutes les années qui avaient suivi. Je ne sais pas à quel point ils sont ensemble en ce moment. Oh bien entendu j’aurais pu penser à tous les miens de disparus, mais cela serait la même interrogation que je me poserais, cela m’évite un certain manque de pudeur comme pourraient me le reprocher les nombreux membres très critiques de ma famille. Ce n’était qu’une pensée fortuite. Le « moi » à partir de ma naissance, que j’ai développé au début de «Vladimyriades» gardé en attente et aussi abordé dans « Conceptions cosmologiques » me semble trouver ici tout son sens dans l’analyse de la pensée qui se crée chez l’homme. Lorsque la pensée se stabilise sur sa base personnelle, nous atteignons environ vingt-cinq ans, puis notre conscience se concrétise entre trente-cinq et quarante-cinq avec un discernement continu jusque dans la sagesse. A quel instant précis au court de l’évolution de la pensée, la décision est prise de donner un sens significatif, concret et définitif à notre existence. Cela dépend certainement de très nombreux facteurs qui influent sur notre psyché. Des décisions peuvent être prises étant très jeune, comme l’entrée dans les ordres ou autres monisme bouddhique ou autre, ou bien faire un rapide bilan personnel et décider de devenir travailleur consciencieux et obnubilé par son occupation jusqu’à en rêver la nuit sans vraiment d’autres pensées que celles liées à la vie matérialiste. Sans généraliser, dans la conception humaine de la pensée et de la réflexion, d’innombrables prises de position peuvent surgir jusque dans le constat qu’on peut tout aussi bien devenir délinquant, criminel ou autre malfaiteur, soit par sa propre décision soit par intoxication par autrui.
Depuis ma naissance (ou peut-être à partir du quatrième mois…) je vois, je constate et je mémorise le bon et le mauvais. Les autres m’influencent, m’enseignent ce que je ne sais pas et souvent ce en quoi ils croient. Dieu ne m’est jamais apparu tout seul, ce sont des autres qui l’ont ancré en moi par tous leurs stratagèmes. Si depuis ma petite enfance il m’a semblé qu’il était à mes côtés, c’est qu’autrui m’en a convaincu, avec ses habits spéciaux et leurs traditions spectaculaires, leurs dogmes, les peurs et les astreintes des écritures saintes que des hommes peut-être hystériques, efféminés et romantiques savaient écrites sous influence d’herbes euphorisantes ou de breuvages du même genre – au cours de leur solitude divinatoire. Qui peut prétendre connaitre la vérité. Les religieux m’ont depuis longtemps donné la décision de bien m’écarter d’eux. Alors la science, mais la science aussi a ses obstacles et ses limites, mais la science chante mieux à mes oreilles que les litanies. Cela ne m’empêche pas d’aimer les chants religieux liturgiques et de fêtes des religions chrétiennes, parce qu’on me les a inculqués et qu’on les retrouve partout à travers notre monde, comme une sorte de passeport un peu suranné parmi les sept milliards et demi de terriens. Dieu ne m’est jamais apparu de lui-même, il fallait que je le sollicite dans des moments effroyablement dramatiques, infligés aux êtres chers, jamais il ne m’a répondu et malgré la peur d’être un traître, je m’en suis détourné. J’admire chaque jour ce qui a peut-être été sa création, mais je n’en saisis pas les raisons. S’il n’y a pas de raisons, alors ce n’est pas lui, il n’existe pas tout simplement. S’il existe j’aurais voulu l’assaillir de questions, mais il ne me répondra jamais. Ceux à qui il chuchote dans les oreilles prétendront me donner des explications comme ils l’ont fait si adroitement dans le passé. Je sais que je resterais toujours sur mes gardes, très sceptique je suis. S’il est, je ne le comprends pas. Pourquoi aurait-il choisi un seul peuple dans le monde, qui se dispersa en plusieurs et non pas chuchoté aux oreilles de chacun ? Qui aurait la prétention avec ses habits sobres ou de lumière d’être mon supérieur que je dois écouter la tête basse ? Pourquoi tant de misère, tant de haines, de guerres et de souffrances, pourquoi tant d’inégalités, pourquoi réserve-t-il tous les bienfaits terrestres à certains et pas à d’autres – parce qu’il faut se débrouiller par soi-même c’est entendu, mais les maladies physiques et psychiques, les handicaps de toutes sortes et tant d’autres bizarreries. Bon, soit il existe, mais il ne s’occupe de rien, ça c’est sûr, sauf peut-être dans certain cas pour lesquels on ne comprend pas les raisons et là on invoque le miracle plutôt qu’un coup de chance. Cela m’interpelle et je peux aussi être stupéfait mais les autres cas si malheureux me chagrinent, chance et malchance.
Dans notre jardin du sud entre la mer méditerranée et les montagnes des Albères de la chaîne des Pyrénées, entre roseaux, conifères de vieux thuyas et cyprès plusieurs gros chênes, quelques peupliers envahissants, des lauriers roses rouges et roses, j’aime me reposer à l’ombre. Au milieu du terrain c’est la chaleur incandescente en été, parfois des orages éclatent, parfois la tramontane balaye toute la région. Sur le côté d’un gros cyprès à mi-hauteur, j’ai accroché une peinture d’une icône de la madone. Le 15 aout j’ai voulu y adjoindre une lanterne pour qu’elle soit illuminée la nuit, ça ne marche pas, je la change mais ça ne marche pas comme je le veux, je manque de tomber de plusieurs mètres, je me distends encore les muscles de l’épaule, je regarde déçu vers la madone qui me donne l’impression de me dire : « Pourquoi t’obstines-tu à ne pas croire en nous ». Je me résonne et me convainc de ne pas m’arrêter à des illusions irréelles et je me dis : « Soit, il existe, mais je reste agnostique sans m’accrocher aux religions naïves ». Dieu n’est pas comme le conçoivent les humains et sa puissance est incompréhensive. Alors oui à la science qui trouve des explications innombrables. La science entrouvrira les portes des mystères peu à peu, s’il existe, sinon le matérialisme éphémère terrestre et cosmique, rien que pour la durée de notre existence. Après bien entendu rien. Une approche bouddhiste peut nous tranquilliser et la sagesse nous envahir. Ou encore autres solutions mystérieuses expliquées toujours par la science, notre âme, notre personnalité, notre « moi » dispersé en poussières et en ondes, mais là tout s’estompe, rien ne subsiste ou ça continue.

En mathématiques si l’on ne donne pas une une valeur concrète aux signes, les équations n’ont pas de sens et le résultat est abstrait.